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Comment obtenir la carte de presse ?

Lorsque l’on entre en école de journalisme, obtenir la carte de presse semble presque plus important que de valider son diplôme. Pourquoi ? Parce que posséder la « carte d’identité des journalistes » est avant tout synonyme d’emploi et donc de réussite, j’y reviendrai un peu plus bas. La carte de presse est avant tout une marque de reconnaissance. En ayant cette carte, vous êtes alors considéré comme un « professionnel », ce qui n’est au final pas très pertinent car la détention de la carte n’est pas obligatoire pour exercer le métier de journaliste.

Faciliter l’accréditation

D’après ma jeune expérience du métier de photojournaliste encarté, la carte est quand même un atout de taille lorsque l’on souhaite s’accréditer sur des événements… surtout lorsque l’on est indépendant. Le chargé de « com » ou l’attaché de presse vous autorisera plus facilement l’accès à un exercice militaire ou un meeting politique si vous lui dictez les 6 chiffres de votre carte de presse.

Le mythe du journaliste privilégier

Dans l’imaginaire collectif, la carte est aussi un passe-droit un peu magique. En cause, l’abattement fiscal de 7 650 euros dont les journalistes bénéficient, à travers « une allocation pour frais d’emploi forfaitaire ». Cependant, l’obtention de la carte n’est pas obligatoire pour se faufiler dans cette niche fiscale, il suffit simplement de prouver que vous gagner votre vie avec la presse (présentation de bulletins de paye, etc). Cependant, à part entrer dans les musées nationaux sans payer, le journaliste est loin d’être un « privilégier ». Certes, certains profitent de voyages de presse et autres invitations, mais des blogueurs plus ou moins influents et talentueux (sans être professionnels) pourront avoir les mêmes opportunités.

Quelques statistiques

En 2013, la CCIJP (commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) a validé 36 823 cartes en France. Voir le détail dans le schéma ci-dessous (source : CCIJP)

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Les conditions d’obtention

Pour faire court, selon la loi, est journaliste professionnel, quelqu’un qui vit de la presse. Cependant, si vous voulez ajouter la jolie carte avec votre photo et la cocarde tricolore dans votre portefeuille, il va falloir développer un peu plus tout cela. Concrètement, afin d’être candidat à l’obtention de la carte de presse, vous devez justifier de 3 mois de salaires dans une entreprise de presse, en tant que journaliste. Pour les indépendants, il faut réunir suffisamment de bulletins de paye pour justifier d’au moins un demi-smic (plus de 600 euros brut) par mois pendant 3 mois. Il vous faudra également des publications papiers, ou sur dvd si vous êtes dans le journalisme audiovisuel afin d’étayer votre dossier. D’ailleurs, en parlant de dossier, voici la marche à suivre.

Etape 1 : Contacter son correspondant régional

C’est l’étape préalable et incontournable à réaliser avant de monter son dossier de demande. Le correspondant régional de la CCIJP va être votre conseiller et votre soutien pour obtenir la carte. Tout d’abord il va vous donner des informations précises et détaillées, ensuite, il peut vous aider à construire votre dossier de première demande. Enfin, il va vous suivre et vous pourrez le contacter afin d’avoir des renseignements sur l’évolution de la profession.

Etape 2 : Monter un dossier

Comme beaucoup d’étapes administratives, vous n’y couperez malheureusement pas. Je ne vais pas vous dire quoi mettre dans votre dossier dans cette article, le plus simple étant pour vous de télécharger le dossier de première demande sur ce lien.

Etape 3 : Attendre

Il faut plusieurs mois pour avoir une réponse et recevoir la carte (4 mois dans mon cas). La commission va « enquêter » sur vous et va vérifier que vos revenus proviennent bien de la presse. Dès que votre demande est envoyée, vous recevez un numéro à 6 chiffres qui ne va plus vous lâcher durant toute la durée de votre carrière de journaliste professionnel.

Et voilà. Si vous êtes jeune journaliste débutant, vous pouvez enfin faire ce selfi dont vous avez toujours rêvé, de vous avec votre jolie carte et compter les likes sur Facebook. Mais attention, si vous voulez la garder, il va falloir travailler !

Quelques conseils

En effet, la carte de presse est renouvelable annuellement. Il vous faudra donc refaire un dossier (plus light, mais un dossier quand même) à adresser à la CCIJP afin de demander une nouvelle carte avec la bonne année inscrite au recto. Voici quelques conseils que j’ai appris et que je souhaite partager avec vous :

- Insistez pour vous faire payer en salaire : c’est primordial, car les employeurs insisteront pour vous payer en droit d’auteur ou en facture. Si vous acceptez, vous êtes à 100% perdant : pas de bulletin de paye, pas de cotisation, et pas de chance d’être re-payé en salaire un jour par ce même employeur. De ce point de vue là, les rédacteurs en chefs et les patrons de presse jouent sur cette précarité du statut d’indépendant. Ils proposent souvent un tarif plus attractif en facture qu’en salaire afin de vous inciter à renoncer à vos droits sociaux. Malhonnêteté ou pragmatisme ? Ce n’est pas le débat, mais à vous d’être capable d’insister et rappeler que vous avez une carte de presse, ce n’est pas pour faire une facture !

- Si vous êtes titulaire de la carte depuis deux ans, sans interruption, la carte est renouvelée deux années consécutives si vous êtes au chômage. En revanche, la Commission ne délivre pas la carte de presse pour une première demande à un journaliste chômeur.

Pour plus d’informations, voici quelques sites à suivre :

http://www.snj.fr

http://www.ccijp.net

http://www.journalisme.com

http://vosdroits.service-public.fr

 

 

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